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Johann,
très allégé, montant
le Mur de Grammont (prononcer Muur Kapelmuur
dans la langue de Museeuw ).
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L'autre
jour, Bjarne a déclaré, tout ému,
s'être dopé lorsqu'il a gagné le Tour
hexagonal qui fait parfois des détours du côté
de la mer du Nord pour dernier terrain vague et des vagues
de dunes pour arrêter les vagues. On le comprend
le Bjarne. Comment voulez-vous qu'il monte les sommets
à la vitesse d'une mobylette et reparte le lendemain
frais comme une rose avec ses seules cannes et son joli
maillot pas rose mais jaune ? Personnellement, moi qui
me fais parfois la Crau, je n'y arrive pas. Même
avec mon joli maillot rose et jaune acheté aux
Trois Suisses.
Yvan,
lui, a dit, aussi ému, qu'il avait eu l'intention
de prendre certains produits avant de venir gagner pas
plus tard que l'année dernière le même
tour qui passait aussi vers des chemins de pluie pour
unique bonsoir avec le vent d'ouest, écoutez-le
vouloir. Pour cela, Yvan avait donné son sang à
un docteur sulfureux (à remarquer qu'ils ont toujours
sulfureux dans le cyclisme) puis, sans doute bridé
par quelques principes moraux que lui avait inculqués
sa mère et peut-être même sa grand-mère
qui faisait du vélo, il fit marche arrière,
ce qui est un comble dans le cyclisme, surtout en côte.
Jan,
qui vient de prendre un peu tôt sa retraite, on
se demande pourquoi, était trop doué pour
avoir usé des substances illicites.
Erik,
lui aussi, s'est dopé. Il l'a avoué, une
larme furtive coulant aux coins de ses yeux. Mais, attention,
il a commis l'irréparable au début de sa
carrière seulement et parce qu'en fait il ne le
supportait pas. Un autre comble pour un coureur cycliste.
ll
y a aussi Edwig qui a affirmé hier soir, dans le
plat pays qui est le sien, à un quotidien van belge
que Johann s'était chargé toute sa vie alors
que tout le monde sait qu'il s'allégeait au maximum
pour monter le Mur de Grammont.
Et
Floyd ? Il est sympa le Floyd. D'ailleurs dans son nom,
il y a Floyd comme dans Pink Floyd. C'est un signe qui
ne trompe pas. Floyd, il n'a fait rien qu'à crier
qu'il n'a rien pris l'autre jour entre l'Aubisque, bisque,
rage et l'Alpe dur D'Huez alors que les gars qui se sont
penchés sur ses analyses à Châtenay-Malabry
y auraient trouvé quelque chose de pas très
clair. Mais Floyd l'affirme haut et fort : ils sont nuls
à Châtenay-Malabry !
Lance,
lui, il était honnête et un sacré
bosseur. Et s'il gagnait tant c'est parce qu'à
cette époque, comme plus personne ne se dopait
suite à l'affaire des mecs de chez Festina chargés
à l'insu de leur plein gré et que lui avait
toujours été clair, du coup, il a gagné
le Tour. Logique.
Quant
à l'ASO [1] et l'UCI [2], les
messieurs propres de la petite reine, pris à tort
pour des esclavagistes forcénés par ceux
qui voient le mal partout, leur seul but avoué
est de sauver ce magnifique sport qu'ils aiment tant.
Et le premier ne veut pas que le second lui pique quelques
droits juteux.
Oui,
le vélo, c'est rigolo... ou plutôt non, c'est
triste. Comme d'ailleurs le sport professionnel en général.
[1] ASO : organisateur du Tour De France
nourri par les sponsors qui y trouvent une manne tout
en ne voulant pas que leur image soit ternie par le dopage.
[2] UCI : le tenant pur et dur des règles claires
d'un vélo propre. D'ailleurs son siège est
en Suisse. C'est pas une preuve, ça ?

Pendant
qu'on y est, on pourrait donner aussi un
petit quelque chose à ceux qui suivent les coureurs.
_
par
éRiC
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