C'est
l'histoire d'un mec qui s'appelle Rael.
Tout
commence le matin dès l'aube, à l'heure
où blanchit la campagne. Il est tôt. Les
rues sont vides de monde. Les travestis vont se raser,
les stripteaseuses sont rhabillées, les traversins
sont écrasés et les éjaculateurs
précoces roupillent.
Voilà-t-il
pas, alors que le café est dans les tasses, les
cafés nettoient leurs glaces, qu'un nuage tombe
sur la ville assoupie exactement au même moment
où les banlieusards sont dans les gares et à
la Villette on tranche le lard.
Ce
nuage arrive sur Times Square, se change rapidement en
mur (non, pas comme dans "The wall") et vient
mettre le grappin sur Rael tandis que les journaux sont
imprimés et les ouvriers déprimés.
"Is there anybody out there ?" aurait pu crier
à cet instant Rael.
Alors
il ne voit pas Dutronc mais l'histoire de l'Amérique
défiler devant ses yeux. C'est peut-être
une meilleure chose.
Il
a même des hallucinations. Il aperçoit des
enfants qui fument. Il voit des aiguilles et des épingles.
Il y a peut-être même un flipper, mais je
n'en suis pas très sûr.
Alors,
c'en est trop. Rael s'évanouit.
Quand
il reprend enfin connaissance, il est dans l'obscurité.
Des gouttes tombent sur son visage. Il croît être
dans une grotte alors que dans le studio, Hackett, dubitatif,
commence à se poser des questions.
En
vérité, Rael est dans un cocon. Un truc
hyper douillet.
Comme
il y est bien, il se rendort alors que les boulangers
font des bâtards, les gens se lèvent, il
est tard.
Quand
il finit par se réveiller, il a froid et la nausée
le gagne. Plus de cocon. Il est bien dans une grotte.
Très
vite, il se rend compte que des stalactites lui tombent
sur la gueule. Les stalacmites, elles, montent.
Une
cage se forme alors autour de lui. Le voilà prisonnier
tandis que Rutheford, tout essoufflé, essaie en
vain de faire entendre sa basse.
Hors
de la cage, Rael voit son frère (oui, il en a un.
J'avais oublié de vous le dire). C'est John. Ils
se regardent. Puis John disparaît sans qu'on sache
pourquoi. Rael crie peut-être :"John, can you
hear me ?"
Après,
la cage disparaît et Rael est emporté par
une sorte de maelstrom. En fait, pour tout dire, ça
tourbillonne.
Il
se retrouve rapidement dans un hall où une femme
lui raconte qu'il est possible de ramener les morts à
la vie. Pourquoi donc ? Difficile de répondre raisonnablement
à cette question. Du moins pour l'instant.
Il
reconnaît des gens morts. Il revoit New-York. Il
se souvient même de ses aventures amoureuses.
Puis,
il quitte ces lieux. Pourquoi pas après tout ?
Pieds
nus, il marche sur un tapis de laine, au milieu des poupées
indiennes. Mais il faudrait vérifier.
Dans
un couloir rouge et jaune des personnes qu'on ne connaît
pas rampent vers une porte en bois pour sortir. Alors
qu'ils pourraient aussi bien marcher.
Passé
la porte de bois il descend un escalier circulaire. Il
arrive dans une chambre qui a 32 portes. Que signifie
le chiffre 32 ? Difficile à dire.
Il
y a plein de monde. Et même son père et sa
mère. Le bruit est insupportable. Rael veut sortir.
Mais chaque porte qu'il ouvre le ramène toujours
à cette même salle. Est-il condamné
à errer dans cette salle hémisphérique
? N'anticipons pas, voulez-vous.
Il
se réfugie dans un coin et une vieille femme aveugle
(mais pas sourde et muette comme dans "Tommy",
cette autre merveille) lui raconte qu'elle va l'aider
à sortir de ce labyrinthe. Un détail important
: elle ne joue pas du flipper.
Elle
le conduit donc dans un tunnel de plus en plus sombre.
On peut se demander d'ailleurs pourquoi une femme aveugle
lui indique le chemin dans un endroit si sombre. Rael
pourrait bien y aller tout seul, après tout. Mais
ne pinaillons pas, voulez-vous.
Alors,
la vieille le fait s'asseoir au milieu de nulle part.
Elle lui dit qu'"ils" vont venir. Qui ça
? Nous n'en savons rien. Du moins pour l'instant.
Puis
Rael se retrouve seul et il a peur. Ce qui est bien normal,
après tout.
Alors
il voit deux ronds lumineux. Il leur jette des cailloux
dont on se demande où il a bien pu les trouver
?
Puis
il y a un éboulement dans un vacarme épouvantable.
C'est normal avec tous ces cailloux.
Rael
pense qu'il va mourir. Elle vient (la mort) sous la forme
d'un anesthésiste supernaturelle. Qu'est-ce donc
qu'une "anesthésiste supernaturelle"
me direz-vous ? J'avoue ne pas le savoir.
Habillée
en habit de lumière, elle lui souffle un nuage
de fumée au visage et s'éloigne alors que
Banks se jette comme un dératé sur son mellotron.
Rael
se croit mort. Il touche son visage. Il n'en est rien.
C'est vrai que s'il était mort, ce serait sûrement
fini. Mais, c'est bien trop tôt. Il y a deux cds
à remplir.
Un
parfum bizarre sorti de nulle part lui indique un passage
dans une roche. Il s'y engouffre.
Il
y a encore un couloir éclairé par un chandelier.
Ca le conduit vers une belle salle avec une piscine au
milieu. L'idée de la piscine ne me paraît
pas excellente.
Dans
cette piscine il voit trois serpents à visage de
femme. Mais on ne sait pas si on y a mis du chlore. Moi,
personnellement, je n'y serais pas allé. Je suis
allergique au chlore.
Rael
rejoint les femmes-serpents puis ils se lancent dans une
folle danse sensuelle et aquatique...
A
cet instant de l'histoire, arrêtons-nous un peu,
si vous le permettez, pour citer Peter Gabriel (c'est
l'auteur que j'ai contacté avant de faire ce dossier).
Il dit : "Quand j'étais jeune, je rêvais
que des gonzesses super canons (bien sûr, je vais
pas me prendrer des boudins, surtout dans mes rêves)
me mordaient dans l'eau mes petites fesses à moi.
Ah, les salopes. C'est ce que j'avais de plus beau à
cette époque. Depuis ma beauté est ailleurs.
Disons, plus intérieure."
Bon,
il ne l'a peut-être pas vraiment dit comme ça.
Et puis, je ne vous garantis pas la traduction.
Seulement
voilà, rien n'est simple surtout au niveau sexuel.
Vous en savez quelque chose. Alors, les corps de ces créatures
se sont convulsés et la plus belle des trois a
crié d'un coup : "Nous t'avons toutes aimé,
Rael !". Non, le héros ne s'appelle pas Peter.
Du
coup, elles sont mortes. Etendues à la surface
de l'eau dans des bateaux même si on se trouve dans
une piscine.
Puis,
Rael se met à bouffer leur chair afin de garder
ce qu'il reste de ses amours alors que Collins attend
patiemment son heure.
Une
fois rassasié, Rael tombe sur un tas de monstres.
Ce sont tous ceux qui ont connu l'amour des femmes-serpents.
Ils ont été transformés.
Rael
va-t-il devenir un monstre ? Oui. Alors, Gabriel enfile
son beau déguisement en caoutchouc.
Rael
reconnaît son frere John. Oui, il est là.
John reconnaît Rael aussi d'ailleurs. On pourrait
se demander d'ailleurs comment il fait.
John
dit à Rael que pour qu'il redevienne lui-même,
il faut qu'il aille se faire castrer par le Docteur Dyper.
Parfaitement.
Une
fois l'operation finie, on place sa zigounette dans un
tube jaune. Pourquoi jaune me direz-vous ? Eh bien, je
n'en sais fichtrement rien. Peter a omis de me le préciser.
Enfin,
toujours est-il qu'un corbeau qui passait par là
(il y a toujours des corbeaux dans ce genre d'histoire),
un corbeau, dis-je, arrache l'"objet" des mains
de Rael qui tombe dans l'eau. L'objet, pas Rael.
Alors
Rael aperçoit New York, USA. Il n'avait rien vu
d'au, il n'avait rien vu d'aussi haut. Oh ! C'est haut,
c'est haut New York, New York USA.
On
croit alors naïvement que c'est fini mais ce crétin
de John n'a rien trouvé de mieux que de tomber
dans le torrent. Faut le faire.
Rael
dont le sentiment fraternel est grand va secourir son
frère tandis que Gabriel se demande encore où
il est allé chercher tout ça.
Alors,
Rael franchit les pierres, plonge dans les rapides, souple
comme un dauphin et véloce comme une liane (à
moins que ce soit le contraire) et arrive a rattraper
John.
Il
le regarde et que voit-il ? Lui-même. Rael, himself.
John is Rael. Rael is John.
D'un
coup, c'est l'histoire d'un mec, ils étaient deux.
Imaginez
un instant que vous soyez soudain face à vous-même.
Que feriez-vous ? Vous auriez la trouille, n'est-ce pas
? Vous partiriez en courant. Et je vous comprends. Mais
ce ne serait pas une solution. En effet, Rael, lui, ou
du moins sa conscience, décide de détruire
les deux corps.
Bon,
c'est vrai, c'est assez grandiose comme histoire. Sachez
qu'il y a mieux encore. On peut aussi écouter l'album.
Il y a de la musique dedans.

C'est
l'histoire d'un mec, ils étaient deux.
_
par
éRiC
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