COURRiER


 
Presque célèbre
 

 

Jon Anderson,
le grand prêtre
de ceux qui
sont du soleil.

 



Aujourd'hui, comme j'ai tout mon temps, que vous allez faire un effort pour tout lire, je vais vous écrire un truc sur Jon Anderson le chanteur du groupe Yes. Je l'aime bien le Jon, j'apprécie quelques albums du groupe où il officie, j'adore sa belle toge, je pouffe à le contempler avec son air de grand prêtre de ceux qui sont du soleil, je me dilate la rate à son ringardisme de première, du coup je vais donc vous narrer une anecdote à son sujet. Je l'ai relevée dans une revue de rock dont j'ai oublié le nom et qui, je crois, n'existe plus.

Donc, un jour, quelque part à Copenhague, Jon décide de partir dans un magasin acheter un cadeau à sa femme, et là, il rencontre une vendeuse d'origine vietnamienne. Ce qui est normal, après tout dans ce genre d'endroit, me diriez-vous (qu'il y ait une vendeuse mais pas forcément qu'lle soit vietnamienne). Vous suivez ? Ca fait plaisir. La serveuse trouve un look de rock-star à notre Jon, dépressif et plus craquant qu'un palmito (pour des raisons qui seront developpées plus loin).

La vendeuse lui dit alors - à quel moment, on ne sait pas - que le chanteur de Yes (Jon Anderson himself) est DIEU, que l'écoute répétée de ses disques lui a donné le courage de quitter son pays pour venir ici dans la riante cité de la petite sirène où en plus elle a pu l'écouter en live.

Alors, Jon, la regardant droit dans les yeux lui affirme mordicus et de façon péremptoire : "Aussi vrai que je suis l'inventeur du rock progressif, je suis Jon Anderson ! Le seul et unique". il aurait même rajouté, mais cela reste à vérifier : "Je crois même que le moule est cassé". La serveuse répond tout de go : "Oh, non ! " "Si, je vous assure !" affirme derechef ce brave Jon plus craquant qu'un petit coeur de Belin et ne provoquant que l'hilarité de la serveuse.

Bref, ce pauvre Jon, déjà déçu du concert de la veille donné devant deux pelés, trois tondus et un chauve, et déjà au plus bas, touche le fond du désespoir suite à une interview donnée à un journaleux peu respecteux, lui affirmant sans réel fondement que ses derniers albums solo étaient de la daube alors que peut-être et tout compte fait, il ne l'a sûrement pas vraiment dit comme ça.

Ne voilà-t-il pas que plus personne ne reconnaît Jon ? Même pas une fan ! Alors, il ne sait plus quoi faire pour persuader cette laborieuse travailleuse d'origine étrangère et décide de lui chanter a capella, tout en restant dans le magasin, un passage de "Soon o soon". Rien y fit et même pas stéréo (c'est un jeu de mots). Il essaya alors "I get up I get down". Cela provoqua une nouvelle fois l'hilarité de la serveuse et même pis, des autres personnes présentes dans ce magasin.

Alors, de colère et plus abattu qu'un vieux châtaignier ardéchois, Jon partit sans prendre ses cadeaux pour rejoindre sa femme, sa fille et peut-être même son chien. Il s'envola alors, plus affligé que je peux l'être après l'écoute d'un album de Satyricon, vers sa maison des Bermudes pour pleurer sur l'épaule de sa femme, sa fille ou peut-être même son chien et décida, dépité, de réaliser dans son studio personnel son centième album solo.

Puis, il termina par ces mots très durs : "C'est bien fait pour eux !"
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par éRiC