COURRiER


 
Les vieux ne meurent pas
 

 

Rick Wright ravi
derrière son clavier
de rejouer
avec Pink Floyd !

PS d'octobre 2008:
Depuis Rick Wright nous a quittés. Les
veiux meurent
aussi malheureusement,
c'est bien triste.


Nous sommes en 2004. Le rock existe encore, heureusement ! Les groupes des années 70, aussi ! Ils s'accrochent encore les bougres. Seront-ils encore là vers les années 2026 ? Vous en doutez ? Vous avez tort car lisez plutôt :

David Gilmour, le célèbre guitariste de Pink Floyd a reformé le groupe. Il a fait un gros effort de mémoire et s'est rappelé le nom de ses anciens co-équipiers. "Euh !… Emerson ? Non, pas lui ! Wakeman ? Peut'ête ben ! Puis non ! Mason ? sans doute ! Wright ? Sûrement !… Et le dernier qui c'était alors ? Merde, je vois pas !"

Il pense alors en son for intérieur : "C'est con de vieillir !" Puis : "Tu veux pas consulter www.leguideduringard.com, s'il te plaît Mauricette ?" (Là, il s'adresse à sa femme française).

Mauricette cherche et trouve.

Puis, elle dit à son mari qui s'est assoupi devant la télé : "C'est Roger Waters ! Mon biquet ! - Ah ! bon ? répond le biquet tout étonné. J'ai joué avec lui. J'm'en souviens plus ! Ah ben ça !".

Alors, Gilmour s'est levé puis est allé chercher Rick Wright qui s'était retiré en Ardèche pour écrire ses mémoires, perdu sur le plateau entre Le Peyral et Lachamp-Raphaël dans une vieille ferme qu'il avait achetée il y a vingt ans avec les royalties de "The Division Bell".

Il vivait de rien, ne recevait presque plus personne à part son chien, son éditeur, son banquier et son psychiatre. Il mettait la dernière main à sa grande œuvre auto-biographique nommée "J'étais meilleur que ce nul de Roger Waters, volume 1".

En voyant Gilmour, Wright a déclaré, devant son chien, son psychiatre, son éditeur, son banquier et moi-même (ce qui me permet de vous rapporter ces propos) : "Dave, tu peux pas me foutre la paix, merde !" Gilmour répondit avec beaucoup d'à-propos : "Putain, Rickounet, y'a du pognon à faire ! Tu vas pas moisir le reste de tes jours dans ce trou perdu de France entre tes châtaigniers, ton chien, ton psychiatre, ton éditeur et cet abruti de rock-critic de mes deux !". (Là, concernant ce dernier personnage, je ne vois pas de qui il voulait parler.)

Il continua : "Viens avec moi, on peut encore se faire plein de blé, vieux ! Y'a qu'à ressortir toujours les mêmes chansons et avec les lasers et tout le bataclan, on va se faire un max de money !"

Devant des arguments aussi frappants, Wright accepta de quitter son trou ardéchois, sa bruyère et ses genêts.

Ensuite, Gilmour retrouva Nick Mason qui depuis vingt ans était retiré aux Bahamas en la seule compagnie de son chien, son banquier, son psychiatre et éventuellement une jeune et belle infirmière toujours aux petits soins et, ce qui ne gâte rien, fan des albums de Pink Floyd et notamment du vieux "The Division Bell" dont elle venait d'acheter la version DVD de chez Mac Intosh.

Après, Gilmour peu rancunier, voulut demander à Roger Waters de rejoindre le groupe comme au bon vieux temps de "Dark Side Of The Moon". Mais cela ne fut pas possible car ce dernier était en train de finir ses jours dans un état de sénilité extrême et dans un hospice de Brighton entre les quatre murs (en anglais : the walls) de sa chambre, du lit à la fenêtre et puis de la fenêtre au lit, et puis du lit au lit, et puis du lit au fauteuil roulant, et puis du fauteuil roulant aux W.C et puis des W.C. aux W.C. et puis demandant à une vieille infirmière aussi appétissante qu'une sœur Thérésa perdue dans les bordilles de Calcutta et puis particulièrement bougonne (car elle préférait les albums solos de David Gilmour) et puis, je ne sais plus où j'en suis dans cette putain de phrase capable de donner la migraine à un lecteur du Nouvel Observateur, une phrase où je montrais avec un évident souci de vérité la déchéance grabatairisante de Roger Waters qui demandait par ailleurs à son infirmière de lui passer sur le magnétoscope "The Wall" (en français : le mur). Gilmour comprit que tout était fini. Il pensa alors : "La vieillesse est un naufrage ! Tant pis, on continuera à trois !"

Ainsi, Pink Floyd se reforma.

Et nos trois antiquités ont écumé les salles du monde entier et ont joué plus de mille fois les incontournables "Echoes", "Money", "Eclipse" ou "Breathe".

Ils ont même enregistré un nouvel album !

Bien sûr, ce n'est plus comme avant, comme il y a vingt ans au temps de leur troisième come-back, au temps de "The Division Bell". C'est dur pour nos babas du quatrième âge mais il faut savoir faire des sacrifices, les infirmières sont bien chères aujourd'hui. Et, il a grossi ce bon vieux Dave !

"Rassure-toi mon biquet a dit Mauricette. Avec tous les lasers, tous les effets de lumière qu'il y a sur scène, ça ne se verra pas !"

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par éRiC