COURRiER


 
God save England !
 

 

Un
guitariste
sur
le toit...

 



L'autre jour, j'ai regardé sur mon magnéto le concert du jubilé de la reine d'outre-Manche.

Putain de concert !

Z'auriez dû voir cette vieille rombière décrépite avec son chapeau à la con, ses chiées de perlouses et son uniforme de tailleur rose de reine des anglosaxonnés.

Elle jubilait.

Les plus ringards des ringards de sa pas gracieuse majesté ont joué pour elle devant un parterre de cinq mille personnes très BCBG, plus royalistes que moi et triées sur le volet… mais cela était tout à fait inutile car les autres ne seraient pas venus.

Il y avait là ce vieux Cocker (oui, le même qu'à Woodstock… mais trente trois ans après…) D'accord, tout le monde vieillit et même grossit. Moi même, vous ne voyez pas, mais j'ai quelques bourrelets... là. Donc, toute considération pondérale mise à part, Joe Cocker n'était pas obligé de venir fêter sa rombière. Il était devenu un vulgaire chanteur de variété plus internationale qu'anglaise avec ses tics ridicules et sa bedaine volumineuse qu'il avait du mal à cacher sous un tricot noir du plus mauvais goût.

Il y avait aussi Brian May qui arborait imperturbablement une crinière ridiculement louisquatorzième. Mais, il reste un sacré gratteur, le vieux. Il joua d'abord seul sur le toit de Buckhingham dans la brise et sous le crachin londonien. Il avait la mèche au vent mauvais qui venait d'Ecosse où on n'aime pas du tout l'Anglais. Il nous balança un très sage "God save ze queen", vous savez, ce truc déjanté qu'Hendrix "inventa" en 69. Ah, il doit se marrer notre météore électrique, là-haut, au paradis des gratteurs fous en écoutant cette version "royale" de ce fonctionnaire de Brian May. Il a bien fait de mourir avant que d'être vieux, Jimi. Et le May, il grattait seul sur ce palais plus inutile qu'onéreux pour les braves contribuables rosbifs qui s'en foutent royalement (si l'on peut dire) du jubilé de leur vieille reine. Il interpréta aussi, avec le reste de Queen (le groupe, pas la vioque), un des titres les plus nuls d'un groupe par ailleurs à la réputation très surfaite.

Après, un jeunot, que je ne connais pas, chanta l'inévitable "Bohemian rhapsody" accompagné par les trois autres queeniens, des choristes au look "Eurovision" et un orchestre symphonique tout à fait inutile. Ce fut le seul passage correct de ce show.

Ensuite dans les antiquités antédiluviennes, il y eut aussi l'inévitable Clapton, passablement vieilli et perdu sur la scène avec ses petites lunettes rondes. Il avait l'air de s'emmerder un maximum… bon point pour lui, bien que je ne pense pas qu'on l'ait obligé à venir. Il nous balança sans grande conviction un daté et sempiternel "Cocaïne" plus que néolithique.

Puis, apparut Brian Wilson, oui le même qui en 66 surfait allègrement sur la mode west-coast. Dans son costard noir, il nous relança le sempiternel "Good vibrations". Mais les siennes (de vibrations) étaient bien tristes...

Entre temps, il y eut bien d'autres choses mais il me semble que c'était tellement peu passionnant que j'ai dû user la télécommande ou m'être assoupi…

Quand je repris mes esprits, ce fut pour voir, comme d'habitude dans ces spectacles musicaux anglophilement chiants, l'incontournable McCartney, frais comme une rose et moins vieux que les autres (?), qui nous sortit - je vous le donne en mille, oui, vous avez gagné -, "Hey Jude" et "All you need is love" bien rances tant d'années après.

Pour finir, et cerise sur le gâteau, le prince déclara devant une assistance assoupie mais ravie qu'il aimait bien sa maman chérie. Elle était montée sur scène avec son chapeau ridicule, ses chiées de perlouses et son uniforme tailleur rose, avec cet air coincé qu'elle est seule au monde à pouvoir conserver en toutes circonstances et qui est le fruit de cinquante années de pratique. Mais, comme l'espéraient certains, elle n'entonna pas un vibrant "All you need is love, lovisoleiounide" Faut pas déconner.

Alors, elle partit dans sa Rolls, l'air las et disparut dans le fog londonien tandis que Charles rejoignait sa Camila dans un lointain château écossais pour s'envoyer en l'air tout en écoutant Cannibal Corpse.

Puis, tout s'arrêta…

Et tous ces vieux machins, témoins d'un autre âge, disparurent de l'écran, comme déjà morts mais, rassurez-vous, le rock, lui, vit toujours.

Vive le rock !

Brian Wilson essayant de faire
chanter "Good vibrations" à la reine.

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par éRiC