Le
footballeur professionnel est élevé dès
sa prime jeunesse en vase clos dans de petits troupeaux
où on lui inculte quelques valeurs morales comme
se perfectionner dans le tacle glissé, s'améliorer
dans l'art de s'enlacer frénétiquement avec
ses congénères à chaque but marqué,
apprendre à se tordre de douleur, fermer sa gueule
et surtout bien comprendre que l'important c'est le collectif.
Une
fois sa belle éducation finie le nouvel as du piedballon
est lancé dans le grand bain devant 60 000 excités
et, dès le match terminé, il se doit de
répondre sans avoir l'air trop con à quelques
questions dont l'intérêt philosophique ne
saurait vous échapper.
Exemple
:
-
Je crois que le but que vous avez marqué ce soir
est sans conteste le plus beau de votre carrière
!
- Oui, mais l'important c'est le collectif !
Ou
encore :
-
Vous êtes pas déçu d'avoir fait match
nul ?
- Oui. Et dommage qu'on ait pas marqué un but de
plus que l'adversaire, on aurait gagné.
Ou
bien :
-
Et le dopage ?
- Hein ? c'est quoi ça ?
- C'est pas un peu choquant votre salaire ? [1]
- Pas du tout car les autres joueurs gagnent autant que
moi. Et ça prouve à quel point l'important
c'est le collectif.
Parfois
il arrive qu'à la fin de sa courte carrière
le footballeur professionnel devienne coach.
Ca
donne alors quelque chose comme ça :
-
Coach, aujourd'hui votre équipe a largement mérité
sa victoire...
- Oui, je suis content de mes joueurs, ils ont bien respecté
les consignes mises au point cette semaine car, voyez-vous,
l'important c'est le collectif.
Ou
encore :
-
Coach, vous avez pris ce soir une sacrée dérouillée.
- Oui mais dès demain on se remet au travail Et
je crois que je vais laisser tomber le schéma tactique
du 1-2-7 pour utiliser le 9-1, ce sera plus prudent...
Il
peut arriver aussi que le footballeur professionnel devienne
ce qu'on appelle "un consultant" dans le but
de se faire un max de blé sans le moindre effort
en faisant quelques piges à la télé.
Ca
peut donner quelque chose comme ça :
-
Zidane passe à Ribéry. Ribéry passe
à Zidane. Zidane, Ribéry ; Ribéry,
Zidane... Zidane passe à, euh... Et oui, c'est
Ribéry !
- Oula ! Quel match !

Quand
la balle est enfin entrée dans les filets adverses,
au comble de sa joie, le collectif ne sait plus trop où
il est et où il va,
tout en essayant de contrôler un début d'orgasme.
[1]
45 000 euros en moyene en France en 2009... Sans
commentaires.
_
par
éRiC
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