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Excédés,
des jeunes
des banlieues de Ouarzazate ont brûlé
la bagnole d'un
rallyman qui s'était
arrêté pour pisser.
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"Le premier de l'an, on
lâche les glands."
proverbe africain.
Ca
y est, la horde motorisée est encore repartie dans
son grand espace de jeu d'un tiers-monde africain.
Vulgaires
pseudo-aventuriers de banlieue, ces ballots rêvent
d'un ailleurs fait de vitesse, de bruit et de cambouis
baignant dans un relent putride (oui, je sais, c'est un
pléonasme, mais il faut ça) de néo-colonialisme.
Le
pied sur le champignon, ils foncent comme des bœufs
dans une extase non feinte. Ils bouffent du sable, ravis
comme pas un. Ils dorment sur la pierre froide du désert,
heureux sous les étoiles. Baroudeurs à la
petite semaine, ils croient vivre une grande et belle
aventure humaine. Et sans vergogne, ils déforcent.
Détruisent. Excités comme des enfants jouant
à un jeu vidéo.
Les
autochtones, dans leur misère, ils n'ont même
pas le temps de les voir. Et souvent, dans la griserie
de leur vitesse imbécile, il leur arrive de renverser
l'un d'entre eux sans rien remarquer. Et ils continuent
de plus belle dans leur jolie combinaison couverte de
pub, le 4X4 plein de boue pour faire plus vrai.
Parfois
l'un d'entre eux, euphorique et peu soucieux du risque
de ces sentiers mal entretenus, y laisse bêtement
la vie au milieu de nulle part. Un caillou mal placé
où un arbre incongru mettent fin à sa chevauchée
insensée. "C'est la dure loi du sport"
a sûrement lancé l'abruti de service lors
d'un des trop nombreux moments quotidiens que la télé
poubelle consacre à ce spectacle obscène
afin qu'on sache bien que les plus grandes marques sont
bien là. Et la course continue. Tant de pognon
sur tant de misère.
Les
crétins arriveront bientôt à Dakar.
Si
l'on pouvait ne plus les lâcher l'année prochaine.
_
par
éRiC
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