COURRiER


 
A mort le Dakar !
 

 

Excédés, des jeunes
des banlieues de Ouarzazate ont brûlé
la bagnole d'un
rallyman qui s'était
arrêté pour pisser.


"Le premier de l'an, on lâche les glands."
proverbe africain.

Ca y est, la horde motorisée est encore repartie dans son grand espace de jeu d'un tiers-monde africain.

Vulgaires pseudo-aventuriers de banlieue, ces ballots rêvent d'un ailleurs fait de vitesse, de bruit et de cambouis baignant dans un relent putride (oui, je sais, c'est un pléonasme, mais il faut ça) de néo-colonialisme.

Le pied sur le champignon, ils foncent comme des bœufs dans une extase non feinte. Ils bouffent du sable, ravis comme pas un. Ils dorment sur la pierre froide du désert, heureux sous les étoiles. Baroudeurs à la petite semaine, ils croient vivre une grande et belle aventure humaine. Et sans vergogne, ils déforcent. Détruisent. Excités comme des enfants jouant à un jeu vidéo.

Les autochtones, dans leur misère, ils n'ont même pas le temps de les voir. Et souvent, dans la griserie de leur vitesse imbécile, il leur arrive de renverser l'un d'entre eux sans rien remarquer. Et ils continuent de plus belle dans leur jolie combinaison couverte de pub, le 4X4 plein de boue pour faire plus vrai.

Parfois l'un d'entre eux, euphorique et peu soucieux du risque de ces sentiers mal entretenus, y laisse bêtement la vie au milieu de nulle part. Un caillou mal placé où un arbre incongru mettent fin à sa chevauchée insensée. "C'est la dure loi du sport" a sûrement lancé l'abruti de service lors d'un des trop nombreux moments quotidiens que la télé poubelle consacre à ce spectacle obscène afin qu'on sache bien que les plus grandes marques sont bien là. Et la course continue. Tant de pognon sur tant de misère.

Les crétins arriveront bientôt à Dakar.

Si l'on pouvait ne plus les lâcher l'année prochaine.

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par éRiC