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Ils
sont beaux
(surtout Labrie).
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Pour
mon premier concert métal depuis trente-deux mois,
je peux vous dire que Symphony X, c'était nul.
Je pourrais chercher un synonyme en huit syllabes pour
vous entretenir savamment de la prestation du groupe de
Russell Allen mais je ne le ferai pas car le passage de
Symphony X était simplement nul. Ils ont joué
quatre morceaux, une sorte de worst of avec deux titres
de leur dernier album que j'ai écouté une
seule fois puis deux titres de "The Odyssey"
dont le long morceau éponyme qui sonnait toujours
comme un jeu vidéo. Le final est sympa mais cela
faisait bien cinq ans que j'en avais oublié les
paroles. La sono était fidèle à celle
de la plupart des concerts de métal avec les écueils
habituels : les instruments en solo ne s'entendent pas
(chant inclus) et lorsque Romeo sort du marasme, sa guitare
a un son de vieille poulie mal huilée. Ensuite
Allen annonça le plus grand groupe du monde et
j'ai presque cru que Roger Waters allait monter sur scène.
Il n'y eut pas un seul rappel, ce n'était pas prévu
dans le planning.
Concernant
DT, déjà, il y a un feu tricolore au plafond
et des fourmis en plastique. Il s'agit d'une métaphore
car Dream Theater est un groupe travailleur et économe.
L'un de mes trois accompagnateurs - grand fan de SX -
regretta cette première partie écourtée
mais je lui répondis que le groupe reviendrait
à la fin du concert pour jouer une reprise de Pink
Floyd avec Dream Theater ce qui - nous le verrons plus
tard - n'était pas davantage prévu dans
le planning. La fourmi n’est pas prêteuse
; c’est là son moindre défaut et son
temps est cher ainsi que la place (40,70 euros). Mais
quand on roule sur l'or - comme c'est mon cas depuis toujours
- on peut se le permettre car DT ouvre en jouant "Ainsi
parlait Zarathoustra" et puis il y a Portnoy derrière
sa chiée de caisses, Labrie avec sa chemise, l'ultra
expansif Myung, Rudess et sa dégaine pas croyable
à la Thomas Dolby (inclus le clavier en bandoulière)
et Petrucci, évidemment, sans qui tout ceci n'aurait
pas grand sens. Car les musiciens de Dream Theater sont
talentueux... à l'unité. C'est lorsqu'ils
jouent tous ensemble que ça ne fonctionne pas toujours.
Ainsi les premiers titres m'ont semblé n'être
qu'une répétition du schéma suivant
: une intro avec un riff plombé qui dépote
suivi d'un refrain repris par les premiers rangs puis
Labrie retourne en backstage afin de laisser ses potes
s'astiquer le manche à trois cents tours par minute.
Chacun nous fait le vol du bourdon à sa sauce sur
clavier ou guitare puis Petrucci ressort le riff déplombé
et il y a le final. La plupart des morceaux étaient
ainsi. La branlette valant ce qu'elle vaut, ce ne fut
pas toujours reposant malgré une sono fort plaisante.
Voir les musiciens se masturber, évidemment, reste
préférable à seulement les entendre
car l'écran géant nous permet de constater
qu'ils jouent vite et qu'ils sont beaux (surtout Labrie).
Puis
il y eut quelques moments jouissifs même si ce mot
me semble - a posteriori - un chouïa excessif. Tout
d'abord l'ambiance à laquelle j'ai toujours été
sensible, dans cette salle comble, à l'exception
de quelques sièges excentrés en gradin.
Moi-même j'y étais, en gradin, comme un papy
ou comme quelqu'un qui a acheté sa place trop tard,
c'est à dire le jour où le concert a été
annoncé complet. Etre en gradin me permis de constater
qu’une blondinette était venue uniquement
en accompagnatrice et a passé quatre heures à
lire son livre en s’éclairant avec l’écran
de son appareil photo numérique. Même Portnoy
- dont le jeu de cymbales n’est plus à prouver
- ne parvint pas à la distraire. Bref, la fosse,
je l'aurais bien aimée pour deux ou trois titres
mais être assis me semble préférable
sur la longueur. En 2004, pour mon dernier Zénith
et pour mon dernier DT, j'aurais tué pour pouvoir
me reposer après trois plombes de "Train of
Thought". Outre l'ambiance, j'ai aimé la brève
citation de "Mother" de Pink Floyd ainsi que
les chansons que je connaissais et qui devaient se compter
sur les doigts de la main : "Fatal tragedy",
un passage de "One last time" et "It’s
raining", "Take the time", et "Lines
in the sand" avec toujours son flambant solo de gratte.
Ce morceau fut, me semble-t-il, un peu boudé par
l'assistance, comme l'album duquel il est issu ; album
que je continuerais peut-être à considérer
comme un des trois meilleurs de Dream Theater, si je me
sentais de réécouter leur discographie complète
pour en être sûr. Outre ceci, j'ai apprécié
quelques riffs acérés de John Petrucci car
c'est toujours l'occasion, ma foi, de se décrocher
les cervicales. Ensuite il faisait doux alors nous avons
marché dans les rues du XIXe jusqu’à
minuit alors que des types louches vendaient des affiches
de Dream Theater - tombées du camion - à
deux euros.
_
par
Nazca
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